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Transport urbain / Abidjan : Pourquoi les transporteurs refusent de baisser les prix

gbaka
Photo d’archives utilisée à titre d’illustration

Trois semaines après l’entrée en vigueur de la décision du gouvernement demandant aux transporteurs de revoir à la baisse le coût du transport sur l’ensemble du pays, l’application de cette mesure se fait désirer dans le district d’Abidjan. Les transporteurs approchés évoquent diverses raisons.

Le coût du transport devrait connaître une baisse de 10 à 30% en Côte d’Ivoire à partir du 1er août dernier conformément à l’annonce faite par le gouvernement et le Haut conseil du patronat des entreprises de transports routiers de Côte d’Ivoire (HCPETR-CI).

Pourtant dans le district autonome d’Abidjan, l’application de cette mesure n’est pas encore effective. Sur le terrain, les tarifs intercommunaux restent inchangés. Les chauffeurs de minicars de transport en commun, appelés ‘’Gbaka’ et les taxis communaux, ‘’Wôrô wôrô’’ font de la résistance.

Le tarif de la liaison Adjamé-Abobo en passant par le Zoo ou l’autoroute est toujours de 200 FCFA. L’itinéraire Yopougon-Adjamé varie selon les distances, allant de 200 FCFA à 300 FCFA. Le constat est le même sur les lignes reliant Adjamé aux communes de la zone Abidjan sud (Treichville, Marcory, Koumassi et Port-Bouët).

Les transporteurs s’insurgent…

Interrogés, des transporteurs n’ont pas manqué de montrer leur hostilité face à la mesure gouvernementale. Pour la plupart des chauffeurs, cette décision ne tient pas compte des réalités quotidiennes.

« Dans ce pays on prend des décisions sans tenir compte des réalités du terrain. Même si le coût du carburant a baissé, nous avons du mal à réunir la recette. Les propriétaires de véhicules nous demandent de verser entre 25000 et 30000FCFA par jour. Et ils sont très intransigeants là dessus. Une baisse du coût du transport compliquerait encore les choses pour nous », explique Touré Oumar, chauffeur de ‘’Gbaka’’ rencontré à Yopougon-Siporex.

Quant à Coulibaly Abou dit ‘’Le Ché’’, également chauffeur de ‘’Gbaka’’ sur la ligne Adjamé-Yopougon, il évoque le problème de racket et l’épineuse question des ‘’Gnambros’’.

« Cette réduction n’est pas favorable pour les chauffeurs à cause du racket organisé par les forces de l’ordre, ainsi que les ‘’gros bras’’ de la gare qui font la loi. Ils nous obligeant à verser pour chaque chargement 700 à 1000FCFA. Dans ces conditions, aucune réduction des prix ne peut être envisagée même de bonne foi».

Du côté des chauffeurs de ‘’Wôrô-wôrô’’, on ne se sent pas pleinement concerné par la baisse des prix.
« Pour nous qui faisons la ronde dans les communes, je peux dire que nous ne sommes pas visés par cette décision. Car nos tarifs varient selon les distances. Les passagers que nous embarquons payent 100, 150 ou 250 FCFA », lance Youssouf Souleymane.

Comme la plupart des chauffeurs de ‘’Wôrô-wôrô’’, notre interlocuteur pense que la décision gouvernementale concerne plus les transporteurs exerçant sur les lignes fixes.

Pour Ouattara Assane, chauffeur exerçant à Abobo, il serait compliqué de mettre en exécution cette décision à cause des récurrents problèmes de monnaie.

« Il est difficile de se procurer de la petite monnaie pour faciliter les transactions. Chaque jour, les passagers nous font des palabres. Récemment une histoire de monnaie a fait deux morts dans la commune d’Adjamé. Avec cette situation, il sera compliqué pour nous d’appliquer cette décision. L’Etat doit revoir cet aspect» a-t-il souhaité.

Tous les regards tournés vers l’Etat …

La plupart des usagers sont unanimes, la baisse du prix du transport ne sera pas effective sans des mesures draconiennes.

« Si l’Etat veut que la mesure soit respectée, il serait important qu’il prenne ses responsabilités. Il est temps de sévir contre ces indélicats. Ce n’est pas normal que les transporteurs refusent de réduire les prix alors que le coût du carburant à la pompe a baissé », s’indigne dame Stéphanie Amonké, qui comme bon nombre d’usagers s’insurgent contre les agissements des transporteurs.

Pour les usagers interrogés, le respect de cette décision étatique passe nécessairement par la mise en place d’un comité de suivi. Cet organe de surveillance composé de représentants des organisations impliquées dans le transport urbain  doit être omniprésent sur les différentes lignes de ‘’Gbaka’’ et de ‘’Wôrô-wôrô’’ qui desservent le district.

Le comité de suivi assisté évidemment des forces de l’ordre devrait veiller au strict respect de la mesure par l’interpellation de tous les contrevenants  à la loi. Quand aux usagers, ils devront aider  ledit comité dans sa tâche, en dénonçant tout cas de  violation de la mesure gouvernementale par le biais d’un numéro vert  qui serait mis à leur disposition.

Carlverth Kouakou / Abidjan911.com

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